lundi 26 septembre 2011

Le Verdict : El Shaddai Ascension of the Metatron

El Shaddai se base sur les récits du livre d'Enoch, un passage de la Bible. Oui, rien que ça! Et c'est suffisamment rare que pour être souligné. Selon les interprétations, Enoch est envoyé sur terre par le tout puissant Seigneur afin de contrecarrer le plan destructeur des anges déchus. Ceux-ci ont donné naissance aux Nephilims (voir précédent post), des êtres destructeurs capable de mettre à mal l'existence même de l'humanité. Voila pour le pitch de départ.

Enoch est ici représenté par un jeune homme à la longue chevelure blonde, uniquement sappé d'un jeans (!) et d'une armure qui a la fâcheuse tendance à se décortiquer en lambeau sous les coups de l'ennemi. Luficel, toujours pendu à son téléphone portable (avec un certain Dieu), l'accompagne au fil de l'aventure et servira de point de sauvegarde au héros.

El Shaddai se compose principalement de 2 types de phases : l'exploration en 3D entrecoupée par les combats et la plate-forme, souvent en 2D. Les différents environnements traversés subjuguent par leur beauté et leur diversité. El Shaddai jouit d'une direction artistique éblouissante et originale, qui le distingue de la majeure partie des productions actuelles. On appréciera, ou non, ce parti-pris du tout graphique car, il faut bien le reconnaître, c'est bien l'atout principal du titre des japonais d'Ignition Ent.

Malheureusment, l'intérêt du gameplay d'El Shaddai est invérsement proportionnel à la qualité de ses décors et de son univers. Outre ses poings et pieds, Enoch ne dispose que de 3 pauvres armes : L'arche (celle qu'on peut apercevoir sur la boite), sorte d'épée très rapide, du Veil, un puissant bouclier en 2 parties et du Gale, des lames flottantes permettant d'attaquer à distance mais qui laisse Enoch sans réelle protection. Le système de combat est archi-classique. On peut charger son coup pour frapper plus fort et effectuer quelques combos mais ça s'arrête là... Vous connaissez le jeu pierre-papier-ciseau? Les combats d'El Shaddai s'appuient sur ce principe. En fonction du type d'ennemi que vous rencontrez, votre arme vous permettra d'avoir l'avantage ou au contraire, d'être défavorisé. Il est possible de voler les armes de ses ennemis pour faciliter les affrontements. Au fur et à mesure des coups, Enoch perds son armure et se retrouve torse nu. Si Enoch meurt, il est possible de le ressusciter en appuyant simultanément sur les gachettes. Attention toutefois qu'au bout de 4 ou 5 tentatives, il devient difficile de le ramener à la vie. A partir de la moitié du jeu, Enoch peut invoquer la force d'Uriel pour l'aider, bien utile contre les boss.

Les phases de plate-formes 2D, bien que répétitives et anecdotiques, demeurent agréables. Pas franchement ardues, elles nous permettent justement d'apprécier le paysage et... la bande-son, un autre point fort du titre. On y trouve de puissantes compositions instrumentales, des coeurs religieux, de l'electro, des bizzareries torturées...bref les amateurs seront aux anges.

Le jeu se laisse parcourir sans réels temps morts et il vous faudra une petite dizaine d'heures pour en voir le bout. Une durée de vie très correcte pour ce genre d'aventure. La rallonger aurait pu rendre le périple indigeste.

El Shaddai se destine principalement aux curieux, à ceux qui en ont marre du classicisme récurrent de 2011... Loin d'être parfait, il se targue néanmoins de proposer une expérience inédite et un dépaysement total grâce à sa patte graphique démentielle. El Shaddai prend aisément place en pôle position pour devenir l'OVNI vidéoludique de cette année.

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