lundi 6 juin 2011

Le Verdict : L.A. Noire

L.A. Noire aura mis du temps à sortir. Annoncé il y a de cela une paire d'années (une exclusivité Sony à la base), le titre de la team Bondi s'était même fait carrément discret au fil du temps, si bien qu'on se demandait si le jeu n'était pas finalement annulé. Celui-ci réapparait enfin et finit donc par se retrouver dans les cartons, au mois de Mai 2011. Il faut savoir que L.A. Noire était en gestation dans les studios Australiens depuis 2004!

Très bien, le voilà notre fameux jeu d'enquêtes dans un Los Angeles d'après guerre. Mais que vaut-il réellement? Attendu de pieds fermes par un grand nombre de joueurs, L.A. Noire enchante autant qu'il déçoit et ce, pour plusieurs raisons...

Il serait idiot de dénigrer le travail effectué sur la modélisation des personnages, des visages, des expressions et même du jeu d'acteur ; époustouflant et inédit jusqu'à ce jour dans le paysage vidéoludique actuel. Les différents protagonistes ont chacun leurs mimiques, leurs tics gestuelles... L.A. Noire donne une âme propre à ces personnages. Difficile de passer à coté de l'extraordinaire reconstitution de l'immense Los Angeles de la fin des années 40, même si graphiquement il faut bien l'admettre, on est loin de la prouesse d'un RDR.

De ce coté, il n'y a pas grand chose à reprocher au jeu. L.A. Noire mise très gros sur son ambiance et son contexte historique. La bande son est de qualité et il est amusant de constater qu'on retrouve des musiques de Fallout (c'est pratiquement la même époque...).

Venons en au coeur du jeu : le gameplay et les enquêtes. Comment dire... le début est emballant mais on tombe très vite dans l'ennui à cause d'un schéma très cadenacé (recherche de preuves - interrogatoires - différents lieux à visiter - interrogatoires et parfois une scène d'action, ratée la plupart du temps). La chasse aux indices est amusante pendant les 2 ou 3 premières enquêtes. Elle devient rapidement rébarbative voir pénible au fur et à mesure. Le pire étant la lecture des documents. Ca n'a absolument rien d'intéressant ni de fun.

Les interrogatoires, tellement mis en avant dans les différentes previews, se révèlent fatalement très cloisonnés. Nous ne posons pas les questions, tout ce que le jeu nous donne à faire, c'est de choisir si le suspect en face de vous dit la vérité ou ment, selon ses expressions et son faciès. Un troisième choix s'offre à nous : le doute. Et force est de constater qu'on passe son temps à douter. Il est parfois difficile d'interpréter la vérité ou le mensonge via un détournement d'yeux, un sourire ou une narine qui s'ouvre. J'ai parfois fait complètement fausse route sur certains suspects, pensant qu'il mentait alors que celui-ci était tout à fait honnête. L'inverse est d'autant plus vrai. Voila pourquoi l'option "doute" apparaît comme la plus pertinente dans bon nombres de cas. Lorsque l'inspecteur Phelps accuse le suspect de mensonge, il doit trouver la preuve dans son splendide carnet de notes. Et malheureusement, combien de fois j'étais persuadé d'avoir cet indice crucial pour finalement rater l'interrogatoire. Autre gros problème, que l'on réussisse ou rate ces questions-réponses, tout cela ne change strictement rien à l'histoire. Tout au plus vous aurez une meilleure note à la fin de l'enquête. L.A. Noire est davantage un film interactif qu'un véritable jeu vidéo. En comparaison, je trouve le système de dialogues d'un Mass Effect bien plus évolué...

Comme je l'ai mentionné tantôt, la ville est bel et bien énorme. Seulement voila... ça ne sert à rien. Il n'y a rien à faire dans cette ville. Conduire ne servirait à rien non plus sans les quelques courses-poursuites que le scénario nous propose. Si bien que le jeu nous permet, en appuyant longuement sur une touche, de se rendre directement sur le lieu choisi. Quel intérêt de conduire 95 bagnoles qui se ressemblent toutes? Quel intérêt de chercher après 50 bobines de film planquées dans des lieux improbables? A part gonfler artificiellement la durée de vie du titre? Et ces satanés délits? Le central nous appelle toujours quand nous sommes en route vers un lieu important. Et comme par hasard, ce délit est localisé aux antipodes de la carte, histoire de nous faire perdre 5 minutes à conduire. Ok, ceux-ci sont facultatifs mais bien utiles pour faire monter notre XP et ainsi gagner des niveaux (pour débloquer un point d'intuition, à utiliser lorsqu'on sèche en plein interrogatoire). J'allais presque oublier les scènes d'actions, ni bien fichues ni vraiment nulles, celle-ci permettent au joueur de varier les situations et de manier le pistolet ou ses poings de temps en temps.

L'histoire principale, divisée en 2 gros chapitres principaux, s'avère plus ou moins passionnante selon les enquêtes. La dernière partie est particulièrement barbante. On passe son temps à inspecter des documents et à tapoter du doigt un peu partout pour espérer tomber sur un indice. Lourd. Je ne parlerai pas de la fin, celle-ci est tellement bâclée et expéditive qu'on se demande si les concepteurs n'en n'avaient pas marre eux aussi. Le personnage principal (Cole Phelps, incarné par Aaron Staton - Mad Men) n'est pas spécialement sympathique. On sait juste qu'il a une femme et des gosses, qu'il a été à l'armée (raconté sous forme de flashbacks) et qu'il a une maîtresse allemande (désolé du spoil). Et c'est tout. Quel dommage de ne pas approfondir un tel individu, visiblement pas tout juste dans sa tête. Il aurait été intéressant de vivre des séquences familiales, entre amis, que sais-je... quelque chose qui aurait permis à Phelps de s'épaissir un peu.

Tout ça pour quoi? Pour dire que je suis franchement déçu du jeu, que j'attendais avec impatience et qui au final, m'a juste fait passer quelques bons moments et ennuyé vers la fin. Attention, L.A. Noire reste un bon jeu avec de nombreuses qualités, mais ça n'ira pas plus loin. J'ai longtemps hésité entre 14 et 15 pour la note finale. Le 15 me semblait plus approprié car L.A. Noire aura au moins eu le mérite d'intégrer une nouvelle technologie, bien exploitée. Le reste est moyen, très moyen. Ce qui fait relativement peur ce sont les dires du patron de chez Bondi, prétendant que L.A. Noire pourrait bien devenir une franchise forte...

Carton rouge par contre pour les futurs nombreux DLC, allez vous faire voir, vous n'aurez pas un seul euro de ma poche.

1 commentaire:

Alex a dit…

Tout à fait d'accord avec ce test. Ce jeu au premier abord est innovant: par son ambiance et surtout le système d'expressions sur le visage. La ville ne sert à rien, les phases automobiles n'ont aucun intérêt. Les phases d'actions souffrent d'inombrables lacunes notamment au point de vue de l'angle de la camera et le contrôle des déplacements du héro. Enfin, les enquêtes sont très mal ficelées, on s'embrouille dans la compréhension et ka succession des indices. On n'a aucune liberté sur le suivi de l'enquête, tout est déjà tracé. En résumé, on désire qu'une chose: finir le jeu au plus vite qui se trouve être très moyen au final! Alex